Syndrome prémenstruel et santé intestinale : quel est le rôle du microbiote ?
On ne le soupçonne pas toujours, mais votre intestin pourrait jouer un rôle important dans l’équilibre de vos hormones. Ainsi, si vous souffrez de syndrome prémenstruel (SPM), une partie de l’explication pourrait se trouver du côté de votre microbiote intestinal, et plus précisément de ce que l’on appelle l’oestrobolome.
Mais alors qu’est-ce que l’oestrobolome ? Il s’agit d’un ensemble de bactéries intestinales capables de métaboliser et de réguler la circulation des œstrogènes dans l’organisme.
En d’autres termes, ces bactéries participent au processus par lequel certaines hormones sont transformées puis éliminées par le corps. [Kwa M, et al. J Natl Cancer Inst. 2016]
Problèmes digestifs : les oestrogènes ne sont pas évacués
Toutefois, lorsque le système digestif fonctionne moins efficacement, par exemple en cas de dysbiose ou de transit ralenti, cet équilibre peut être perturbé. Dans ce contexte, une enzyme produite par certaines bactéries, appelée bêta-glucuronidase, peut réactiver des œstrogènes qui étaient initialement destinés à être éliminés dans les selles. Par conséquent, ces hormones peuvent repasser dans la circulation sanguine.
Ce phénomène pourrait contribuer à un déséquilibre entre les œstrogènes et la progestérone, hormone clé de la phase lutéale du cycle menstruel. Ainsi, certaines femmes peuvent ressentir différents symptômes avant leurs règles, comme une sensibilité ou une tension des seins, de l’irritabilité, des crampes, des règles douloureuses ou abondantes, voire des cycles irréguliers.
Voici 3 conseils pour faire plaisir à votre oestrobolome
Dans cette perspective, certaines habitudes alimentaires et de mode de vie peuvent soutenir l’équilibre du microbiote intestinal.
Tout d’abord, il peut être utile de privilégier les aliments riches en fibres, notamment les légumes crucifères comme le brocoli, le chou-fleur ou les choux de Bruxelles. En effet, ces aliments contiennent des composés tels que l’indole-3-carbinol, qui participe aux mécanismes de détoxification des œstrogènes au niveau du foie. Néanmoins, si ces légumes sont difficiles à digérer, il peut être préférable de les consommer bien cuits et de se concentrer d’abord sur l’amélioration de la santé intestinale.
Ensuite, soutenir le microbiote passe également par l’intégration d’aliments fermentés, comme le kéfir, la choucroute ou le laban. Par ailleurs, les aliments riches en polyphénols, par exemple les myrtilles, les framboises ou encore le thé vert, peuvent contribuer à nourrir certaines bactéries intestinales bénéfiques.
Enfin, l’hydratation joue un rôle essentiel dans le bon fonctionnement du transit intestinal. Il est donc préférable de boire régulièrement au cours de la journée, que ce soit sous forme d’eau, de tisanes ou encore via les fruits et légumes riches en eau. En revanche, les boissons contenant de la caféine, y compris le thé, doivent être consommées avec modération.
En clair, la clé de votre équilibre hormonal se trouve peut-être dans votre digestion.


